RENCONTRE AVEC MAÎTRE SONIA CISSÉ – Legaltechs: job killers or job transformers ?

Le Vendredi 17 mai 2019, à l’occasion du lancement de la #FrenchLegalTech à la 4ème édition du salon européen de la Viva Technology, Young AvoTech a assisté à un pitch de Maître Sonia Cissé, collaboratrice counsel en Droit des nouvelles technologies chez Linklaters, sur le sujet : « Legaltechs: job killers or job transformers ? ». À cette occasion, nous avons pu connaître le point de vue d’une avocate connectée exerçant dans un grand cabinet international, structure qui demeure particulièrement sensible au développement de nouveaux outils techs au service de l’exercice quotidien de la profession d’avocat.

La présentation débute par une réflexion qui suscite aujourd’hui la plus grande des inquiétudes chez les professionnels du droit ; l’arrivée imminente des solutions d’intelligence artificielle (IA) signifierait la disparition progressive des métiers juridiques. « Je suis totalement en désaccord avec ces propos » enchaîne Maître Cissé, qui assure vouloir nous le démontrer en considérant, notamment, l’exemple de la Due diligence légale.

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La Legaltech pour rentabiliser le travail élémentaire et chronophage de l’avocat

Dans le cadre de cette procédure (qui consiste à collecter, comprendre et évaluer tous les risques juridiques inhérent à un processus de M&A), les avocats doivent entre autre parcourir une quantité pharaonique de documents. Cette étape d’audit juridique, préalable nécessaire à toute transaction, prend un temps considérable et se résume à un travail sans véritable valeur ajoutée. Autrement dit, ces tâches fastidieuses et répétitives ne requièrent pas les compétences acquises au cours des cinq (longues et douloureuses) années d’études de droit à l’Université. Aussi, et bien que l’usage d’une « Data room » virtuelle permet de nos jours un accès facilité aux documents utiles, l’utilisation progressive et quotidienne des Legaltechs (et en particulier de l’IA) par les cabinets d’avocats va permettre une accélération significative du processus de Due Diligence, qui sera à l’avenir automatisé et réputé « intelligent ».

À titre d’illustration, de nombreux cabinets d’affaires internationaux (tels que Latham & Watkins, Hogan Lovells ou encore DLA Piper) ont déjà adopté l’intelligence artificielle Kira Systems. Cette Legaltech, basé sur le Machine Learning (ou apprentissage automatique), permet notamment d’analyser le contenu de tout type de contrats juridiques et ainsi créer des tableaux récapitulatifs et des résumés personnalisés pour quasiment toutes les données examinées. En outre, étant donné que les utilisateurs peuvent « apprendre » à Kira à identifier certaines clauses précises et spéciales dans les documents, son efficacité et sa pertinence pour les utilisateurs augmentera avec le temps. Aussi, dans une société où le temps est précieux, il est indéniable que Kira augmente à la fois l’efficacité et la précision de la Due Diligence.

Il est en outre important de noter que Linklaters a été le premier cabinet d’avocats du Magic Circle à avoir choisi d’utiliser la Legaltech RAVN (dont l’objet est similaire à Kira, à savoir utiliser l’IA pour organiser des documents légaux, grâce à une analyse des données clés) et à avoir également développé en interne sa propre plateforme d’IA « Nakhoda », en partenariat avec la société londonienne Eigen Technologies Limited, qui a l’avantage d’être développée par des avocats, pour des avocats.

« Chez Linklaters, nous avons développé plusieurs outils utilisant l’IA afin qu’ils puissent automatiquement catégoriser et extraire les informations juridiques pertinentes, qui seront par la suite condensées dans un modèle spécifique et analysées par les équipes compétentes. Notre ambition est de toujours être plus rentable et de fournir un service sur-mesure à nos clients »

Maître SONIA CISSÉ

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La Legaltech pour optimiser les compétences clés à haute valeur ajoutée de l’avocat

Concrètement, utiliser ces outils permet de se « focaliser sur la stratégie à développer et les besoins spécifiques à satisfaire pour les clients », car « être un avocat, ce n’est pas seulement lire des articles de lois et les re-lire au client, c’est aussi et surtout interpréter les textes et délivrer des conseils en fonction de notre expérience, notre ressenti », souligne Maître Cissé. Autrement dit, s’il est indéniable que certains aspects de la pratique de l’avocat seront fortement affectés par le développement de l’IA (comme la collecte et l’organisation d’informations), ces derniers se concentreront davantage sur des missions plus stratégiques, qui exigent une authentique intelligence émotionnelle et des compétences spéciales dans la résolution de problèmes complexes.

Aussi, à l’heure actuelle, aucune machine n’est capable d’appréhender ces « zones grises », qui nécessitent une interprétation humaine. Les robots, bien qu’ils nous soient bien utiles dans la lecture intelligente de documents, ne pensent pas encore comme les avocats !

De gauche à droite : Maître Vincent Fauchoux, Sarah Emile, Brice Matter, William Fauchoux, Tristan Lucas, Maître Sonia Cissé, Magali Cadoret, Ayoko Degboevi, Lucile Vasse, Julie Serrier et Valentine Pousset

Ce que nous devons retenir

Aujourd’hui, les Legaltechs doivent être considérées comme étant au service tant de l’avocat que du client et se positionner sur le marché actuel comme un outil, et non un concurrent. L’enjeu pour les cabinets d’avocats est ainsi d’envisager ces start-ups du droit comme des partenaires afin d’attirer et de retenir à la fois les clients et les « talents » du droit mais aussi assurer une bonne et durable transition dans la mutation (digitale) progressive de notre métier.
En tant que telles, ces nouvelles technologies jouent donc un rôle essentiel dans l’écosystème juridique, où les grands cabinets doivent soutenir et utiliser celles-ci pour deux raisons principales : faire gagner du temps aux avocats (et de l’argent au client, car ne l’oublions pas… Time is Money !) et mieux répondre aux besoins et attentes des clients.


Toute l’équipe de Young AvoTech tenait à sincèrement remercier Maître Sonia Cissé, qui a eu l’extrême gentillesse et bienveillance de répondre à toutes nos questions après son intervention sur ce sujet, de manière passionnante et passionnée !

FOCUS SUR LA CONFÉRENCE « Intelligence artificielle et Justice prédictive »

En trois mots, comment définiriez-vous l’intelligence artificielle ?

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Cette question (en apparence simple) a marqué le point de départ de la conférence-débat du mercredi 6 mars 2019, intitulée « Intelligence Artificielle et Justice prédictive », qui s’est tenue dans les locaux de la réputée Université Paris II Panthéon-Assas. Cet événement a été organisé conjointement par Jeune Pousse d’Assas (association ayant pour objectif de sensibiliser les étudiants à la création d’entreprise) et Tribunes Assas (association visant à organiser des conférences autour de personnalités au coeur de l’actualité). La conférence s’est ainsi donnée pour objectif d’aborder la brûlante problématique de l’intelligence artificielle (IA) appliquée au droit, en insistant sur les enjeux contemporains de la Justice dite « prédictive ».

Animée par trois assassiens, la conférence comptait quatre invités de marque. Etait ainsi présent Cédric Villani, lauréat de la médaille Fields 2010 et député LREM de l’Essonne. Ensuite, le Professeur Pierre-Yves Gauthier, Directeur du M2 Droit de la Propriété littéraire, artistique et industrielle d’Assas, a eu l’occasion d’émettre son point de vue sur ce sujet aux côtés de Maître Christophe Perchet, associé chez Davis Polk & Wardwell LLP en Fusions-Acquisitions et contentieux. Enfin, Jacques Lévy Véhel, co-Fondateur de Case Law Analytics et Docteur en mathématiques, clôturait ce panel d’exception.

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Alors, l’intelligence artificielle, c’est quoi (en trois mots) ?

Il parait difficile de se limiter à si peu de mots pour définir cette notion aussi vaste que déstabilisante. En effet, bien que tout le monde en parle, peu de personnes peuvent expliquer en quoi consiste réellement l’IA.

Aussi, Cédric Villani s’est prêté au jeu et a affirmé que l’intelligence artificielle est un algorithme sophistiqué. Cette qualification est par la suite complétée par le Professeur Pierre-Yves Gauthier, précisant que son usage permet de « compiler un grand nombre de données selon certains critères permettant d’aboutir à un résultat donné ». Quant à Maître Christophe Perchet, l’intelligence artificielle, c’est avant tout un calcul. En outre, il est important de souligner que l’assimilation de l’IA à un calcul élaboré n’a pas toujours été d’actualité. Dès son apparition dans les années 50, l’IA était originellement conçue comme une façon de simuler quelque chose d’intelligent. Aujourd’hui, cette conception, plutôt réductrice, a été abandonnée au profit d’une définition plus adéquate : celle d’un ensemble de techniques et de procédés subtils qui permettent à des logiciels de fournir des réponses élaborées à des problèmes humains réputés complexes. À cet égard, l’IA est un domaine qui englobe de nombreux domaines d’études, notamment en matière de santé, de transports, d’éducation, de politique, de sciences mais aussi de droit.

À cet égard, l’utilisation de logiciels considérés comme « prédictifs » par les avocats (voire les juges, les assureurs) se développe petit à petit sur le continent européen. La création de ces « Juges Irma », qui permettent notamment de connaître à l’avance les chances de perdre ou gagner un litige, peuvent ainsi aider à d’affiner la stratégie juridique des praticiens en économisant du temps, mais surtout de l’argent.

Un exemple topique d’outil « prédictif » utilisant l’IA : le logiciel Case Law Analytics

Case Law Analytics calcule, grâce à des techniques d’apprentissage automatique (« Machine learning ») et l’utilisation de l’« Open Data judiciaire », les chances de succès d’une procédure judiciaire, les indemnités en fonction des décisions passées, voire la composition du tribunal et de sa situation géographique peuvent être déterminés à l’avance selon une certaine probabilité. Autrement dit, cet algorithme permet de quantifier les situations dans lesquelles demeurent un aléa juridique et judiciaire, c’est à dire exposer l’éventail des possibilités existantes pour un cas précis et déterminé à l’avance (via certaines informations pré-remplies par l’utilisateur). La précision du résultat donné dépend ainsi de critères objectifs et quantifiables (entre 20 et 120 selon le domaine donné) sur lesquels les juges s’appuient en général pour statuer. Ensuite, le logiciel va analyser la jurisprudence à l’aune de ces critères et générer, tel un « juge virtuel », des pourcentages d’issues probables pour un litige donné.
Cet outil intelligent, comparable à Predictice, a été développé par le mathématicien Jacques Lévy Véhel, présent pour l’occasion, et un ancien magistrat, Jérôme Dupré, en vue de satisfaire un objectif simple : faire progresser la Justice et privilégier les négociations avant de se livrer, parfois en vain, devant les tribunaux.

Mais Jacques Lévy Véhel a tenu à nous mettre en garde : pour lui, la « Justice prédictive » en elle-même n’existe pas. Cette position est, de manière tout à fait juste, justifiée par le fait que l’on ne peut pas vraisemblablement prédire la décision d’un juge (comme les revirements de jurisprudence imprévisibles peuvent en témoigner). À l’inverse, on peut apprendre à gérer l’aléatoire grâce à une analyse quantitative des risques associés à une affaire. Nuance, donc.

Mais si le train de l’intelligence artificielle est bien en marche, doit-on nécessairement le prendre ?

Selon Cédric Villani, les algorithmes d’aujourd’hui « qui vont changer le monde » sont les mêmes que ceux qui avaient cours il y a maintenant 30 ans. Toutefois, notre société s’est rendue compte qu’il existait une efficacité, dans l’application à de nombreux problèmes de ces algorithmes, bien supérieure à celle que l’on croyait auparavant, à partir du moment où le volume de données traitées et la puissance de calcul de ceux-ci sont aujourd’hui devenus beaucoup plus importants. En ce sens donc, ce train est en marche depuis maintenant 60 ans. Mais il existe un autre train : celui de la mise en place des expérimentations, des investissements, des changements, des modes de pratiques, autrement dit des usages liant l’intelligence artificielle. Ce second train particulier est actuellement en cours de marche, de façon extrêmement inégale à travers le monde.
Aussi, et bien que notre société contemporaine soit bel et bien un monde de calculs, une chose demeure certaine : si la France ne décide pas de prendre ce nouveau train de l’IA en marche, d’autres pays se chargeront de le prendre avec leur propre vision.

La question, selon Maître Perchet, est davantage celle de savoir quelle est la place que l’on veut accorder à ces calculs dans chaque domaine de l’activité humaine. L’idée serait donc de comprendre en quoi consiste ces calculs pour ensuite réfléchir aux potentiels domaines d’application de ces derniers (notamment, la médecine, la météo, voire la politique via les sondages ou encore l’activité juridictionnelle).

En abordant les avantages de la Justice prédictive… n’existe-t-il pas corrélativement un risque de générer une pratique du droit figée, sclérosée ?

Le danger est palpable : puisque les logiciels de Justice prédictive imitent le raisonnement du magistrat, sommes-nous entrain d’automatiser le métier de juge ? Cette réflexion demeure légitime, d’autant que plus qu’à ce jour, des tentations se dessinent chez les cabinets d’avocats, qui se basent sur les résultats donnés par ces outils, en vue d’orienter le client dans le sens qui se dégage majoritairement au regard des statistiques données. Il y a donc bien, en pareils cas, un risque que l’avocat soit découragé d’engager les procès ou aille devant le tribunal, mais essaie de se glisser dans les interstices laissés par la jurisprudence dans les statistiques exposées. Selon Monsieur Gauthier, les outils de Justice prédictive accentueraient de plus en plus le conformisme des décisions judiciaires et, de facto, l’intelligence humaine risquerait de s’atrophier.

Cédric Villani, quant à lui, adopte un ton plus philosophique pour répondre à cette question, et affirme à cette occasion que ce débat est aussi ancien que l’apparition de la civilisation en elle-même, et notamment de l’écriture. Socrate lui-même argumentait que nous aurons moins de mémoire, que nous serons moins bons pour nous approprier les arguments, et qu’à cause de l’écrit il y aura plus de malentendus et que nous saurons moins de choses car nous les lirons au lieu de les découvrir par nous-même. Mais, bien que l’écriture demeure une sorte de régression pour les humains, personne n’a pu arrêter l’écriture et on y a même trouvé d’autres avantages et ainsi adopter des comportements d’analyses que n’avaient pas nos ancêtres spirituels. Cet exemple peut être également rapproché de la création de la voiture. Aussi, pourquoi les choses seraient significativement différentes pour l’arrivée de l’IA, qui vient finalement suppléer certaines fonctions (qualifiées en général de répétitives), mais corrélativement en développer d’autres ? Bien entendu, l’idée est toujours la même : il n’est pas question de se laisser submerger par ce nouvel outil, mais plutôt d’utiliser sa performance à bon escient pour affiner et perfectionner notre résultat.
Pour reprendre l’hypothèse Case Law Analytics, la machine en question se contente seulement d’exposer la pratique des juges sur un point donné ; en l’absence de juges donc, elle ne donnerait aucun résultat. L’objectif est ainsi de fournir une justesse d’analyse pour aider à la prise de décision, mais l’homme, qui conserve son libre arbitre, aura toujours le dernier mot et pourra nuancer son point de vue selon sa connaissance du dossier et son appréciation personnelle.

Quelle va être alors l’incidence de ces techniques sur la formation des jeunes élèves-avocats ?

Pour le Professeur Pierre-Yves Gauthier, il s’agit de distinguer deux choses : les tâches matérielles (notamment celles relevant de la gestion courante du cabinet d’avocats) et intellectuelles. Evidemment, pour les premières, l’IA va jouer un grand rôle, notamment en terme de gain de temps. Toutefois, il convient de relever que la documentation ne peut pas se résumer à une simple compilation de statistiques pour en tirer des résultats en vue de solutions probables : il s’agit aussi de mettre en oeuvre une culture générale, une intuition, une expérience confortée dans les écoles et cabinets. Et c’est à partir de ce raisonnement qu’une proposition est faite par l’élève-avocat.
Pour les secondes en revanche, la réponse est plus nuancée, car bien que l’IA soit un outil fort utile, l’aléa judiciaire doit bien naturellement être pris en compte : « vous pouvez avoir 1000 juges qui ont décidé dans le même sens, le suivant peut statuer dans un sens complètement contraire », souligne le Professeur. On ne peut donc pas prévoir le sentiment juridique et humain car dans l’acte de juger, il y a beaucoup d’humanité et surtout une conviction inhérente à chaque homme qui raisonne (et c’est d’ailleurs, tout l’art de l’avocat, qui relève de l’intelligence naturelle). À ce jour, la machine n’a pas cette conscience psychique qui relève de l’humaine.

En outre, selon Maître Christophe Perchet, ce n’est pas parce que les calculs sont compatibles avec la logique du droit qu’ils vont se substituer au raisonnement juridique ; ils auront pour vertu de mieux l’éclairer, notamment en fournissant une quantification de l’aléa associé au dossier traité. Aussi, un point d’honneur doit être accordé aux écoles de formation des barreaux quant au bon usage de ces nouveaux outils qui vont se développer de plus en plus, et notamment dans les cabinets aux activités principalement de conseils. L’idée principale est en effet celle de faciliter le travail de l’identification (souvent fastidieuse) de clauses importantes, préalablement définies et identifiées, du contrat en cause en « scannant » la décision et en la lisant à la place de l’élève-avocat. Le rôle de l’avocat n’est donc pas que de mettre en oeuvre un « outil intelligent ». Sa mission est également d’intégrer des éléments considérés comme étant un peu plus subtil, notamment ceux en étroit lien avec le client, les circonstances entourant l’affaire, la négociation du contrat, etc. D’ailleurs, Maître Perchet en est convaincu : cet aspect de l’art du conseil juridique demeurera toujours, et l’IA ne remplacera pas la prestation de conseil en elle-même.

Concrètement, que faut-il en retenir ?

Incontestablement, il existe de nombreuses raisons de croire que l’IA est une véritable plus-value dans l’industrie du droit. Elle permet ainsi à l’avocat et au juge de travailler plus efficacement (en mettant de côté certaines tâches pour privilégier la productivité en donnant à l’IA la mission de mener des recherches longues et fastidieuses) et de bénéficier de conseils supplémentaires et avisés pour forger son opinion. L’IA, et notamment la Justice prédictive, pourrait également réduire le fardeau des tribunaux et des services juridiques et faire ainsi accélérer le processus judiciaire. Autrement dit, l’idée d’une véritable « collaboration » entre l’IA et les praticiens du droit prime face à une concurrence de cet outil avec ces derniers. Donc, à l’heure d’aujourd’hui, il n’existe pas de science sans conscience et l’IA n’apparait pas de prime abord comme LA solution pour remplacer en tout et pour tous les métiers de l’avocat ou du juge.

En revanche, l’utilisation de l’IA au service du droit n’est pas sans risque. À cet égard, l’utilisation de ces données judiciaires au service des technologies de l’information peut se révéler, dans certains cas, être une atteinte au respect du droit à la vie privée, notamment lorsque ces dernières demeurent sensibles et intimes. Cette prédiction algorithmique du prononcé judiciaire doit en outre nous mettre en garde contre le danger bien réel d’une sorte de « fossilisation » de nos pratiques. D’où le défi, pour le juge et l’avocat, de toujours garder la main sur le logiciel et faire prévaloir avant tout son ressenti, son éthique, comme sa propre justice, aussi imparfaite finalement que l’humain lui-même.

Toute la question est de savoir où placer le curseur : c’est à dire savoir quand et comment utiliser cette technologie innovante, tout en reconnaissant ses limites. Il est ainsi essentiel d’atteindre cet équilibre pour faire évoluer, de manière positive et responsable, les professions juridiques !

LA LEGALTECH, Etat des lieux et Perspectives

Mais jusqu’où iront les LegalTechs ?

Face à ces start-up du droit de plus en plus innovantes et la digitalisation exponentielle des cabinets d’avocats et directions juridiques, le DJCE Nancy, le JAIE Nancy et Young Avotech co-organisent une table ronde exceptionnelle autour de l’univers de la LegalTech !

Cette conférence est une opportunité unique de connaître les points de vue de fondateurs de Legaltechs, mais aussi de professeurs, avocats et entrepreneurs « connectés ». Nos intervenants connectés et entrepreneurs, qui maitrisent parfaitement le marché des LegalTechs, répondront à toutes nos questions, qui suscitent les plus grands fantasmes dans le monde du droit.

Notre ambition est ainsi débattre sur les impacts concrets de ces dernières sur nos professions. Pour ce faire, tout au long de cette journée, des présentations pratiques et concrètes seront faites par nos experts selon leur expérience et animées d’une série de questions/réponses pour approfondir certains points.


Inscription obligatoire pour tous !

✅ Étudiants : FREE – Ouverture de la billetterie le 29 mars 2019 à 9h00
✅ Professionnels : 49€ pour la journée complète

Cliquez ici pour vous inscrire


Le programme détaillé

✅ Découvrez le flyer promotionnel de l’événement : cliquez ici

9h00 – 9h30 : ACCUEIL ET ENREGISTREMENT

9h30 – 9h45 : MOT D’ACCUEIL

9h45 – 10h30 : PROPOS INTRODUCTIFS

Quel avenir pour le droit ? (Paul Klötgen)

10h30 – 12h00 : LA LEGALTECH, UNE ENTREPRISE COMME LES AUTRES ?

Buts, Intérêts et limites de la LegalTech (Mathieu Davy)

Une partie de la population se détourne de l’avocat pour des raisons de coûts, d’accessibilité, parce que d’autres professions investissent le champ. Cela est notamment dû à la nouvelle génération qui « consomme le juridique » en allant directement sur internet pour aller chercher leur réponse, mais aussi à l’apparition des LegalTechs.
Pour les avocats et les juristes, les LegalTechs sont des opportunités dès lors qu’elles sont pensées par des professionnels. Mais comment appréhender ces dernières ? A quels types de problèmes permettent-elles de trouver des solutions ? Quelles sont les véritables enjeux de celles-ci pour le droit ?

Stratégie d’entreprise et positionnement (Boris Ouarnier)

Le numérique permet de nouveaux usages, amplifiés tour à tour par le big data et la deeptech. Si tous les métiers sont concernés, chacun vit différemment ces nouvelles ruptures de paradigme, impactantes sur les modèles économiques et les acteurs établis. Dans le champ des consultech, le cas des LegalTech interroge.
Quels sont aujourd’hui les étapes et facteurs clefs de réussite d’une start-up IT ? Les stratégies de déploiement et de financement pertinentes ? Les LegalTechs présentent-elles certains particularismes ? Quel peut être le regard des investisseurs sur de telles start-up ?

L’impact de l’arrivée des LegalTechs, sur le modèle économique des acteurs du droit (Martin Fauvel)

  1. L’arrivée des LegalTechs : un nouveau marché ou un marché transformé ?
  2. La transition d’une facturation au temps passé vers la facturation de la valeur ajoutée
  3. Les réactions des acteurs historiques face à une offre de service vendue différemment

DÉJEUNER – REPAS POUR LES INTERVENANTS

14h00 – 15h30 : TECHNOLOGIE ET DROIT : ETUDES DE CAS

Données et régulations (Hugo Ruggieri)

Alors que le manque de moyens de la justice ne cesse d’être pointé du doigt, il est une statistique juridique qui n’a cessé de croitre ces dernières années : la longueur moyenne du Journal officiel, qui est passé de 13 000 pages en 1974 à près de 23 000 en 2013. Rien que sous la législature actuelle, plus de 100 lois ont été promulguées. De la même manière, les juridictions françaises n’ont jamais rendu autant de décisions, et les étudiants, universitaires, avocats et autres professionnels du droit n’ont jamais écrit autant de doctrine.
Comment mettre de l’ordre dans cette masse d’information ? Une évolution technologique et une évolution juridique permettent de répondre à cette question. La contribution montrera comment le cadre juridique de l’open data et l’évolution de l’intelligence artificielle sont à l’origine de la création de nouvelles solutions de traitement de l’information juridique.

AI : science-fiction ou applications concrètes ?(Guillaume Aksil)

En quoi consiste l’intelligence artificielle, « buzz word » utilisé ici et là au détour de nombreux articles dans la presse écrite et en ligne, voire même parfois galvaudé ?
Cela peut laisser pré-supposer que quelque chose (ou quelqu’un ?) pense à notre place ce qui, par définition, peut déranger…

  1. Comment utilise-t-on, concrètement, aujourd’hui cette technologie et dans quels secteurs ? (Armée, santé, assurances, impact sur le PIB de certains pays)
  2. Quid du secteur juridique ? (quelques exemples concrets + applicatifs à recevoir)
  3. De la difficulté pratique de la conduite du changement

Blockchain : un exemple d’application avec la PI (Julia Pirinoli)

  1. Quelques chiffres de le propriété intellectuelle et présentation de la Blockchain
  2. Pourquoi la propriété intellectuelle est-elle un domaine qui se prête à la digitalisation ? Quels outils d’IA ou d’automatisation existent déjà et quelles sont les perspectives d’avenir ?
  3. Pourquoi la blockchain apparaît comme pertinente en propriété intellectuelle ? Quels sont les outils présents sur le marché et pour qui sont-ils ? Quels sont les avantages et inconvénients de ces outils ?

15h30 – 15h45 : PAUSE

15h45 – 17h15 : LA TRANSFORMATION DES ORGANISATIONS ET L’ÉVOLUTION DES PROFESSIONS

L’avocat face à la transformation digitale du droit (Stéphane Baller)

Et si le digital poussait les professions du droit à devenir une industrie innovante ? Pour les avocats formés aux droits, la rupture technologique crée une zone d’incertitude bousculant l’ordre établi dont rêvent chaque année quelques milliers d’élève avocats : un accès direct vers de nouveaux clients ? De nouveaux usages de l’avocat rendu accessibles ? Une robe différemment enrichie ? Des opérateurs de Legal Management Services qui attaquent le marché du droit ? De nouvelles technologies qui créent de nouveaux droits.
Au moment où la profession, à travers l’initiative du CNB vit aussi son grand débat sur l’Avenir de la Profession d’Avocat, non pour produire un nième rapport, mais pour proposer des mesures concrètes, quels pourraient être les points de transformation des avocats et les enjeux pour réussir la mutation déjà en cours ?

La mutation des directions juridiques (Bruno Deffains)

  1. De quels outils numériques parle-t-on en droit ?
  2. Quelles sont les conséquences pour le marché du droit dans son ensemble d’un point de vue organisationnel ? Quels sont les effets économiques prévisibles ? Y a-t-il des études d’impact disponibles ?
  3. Que peut-on retirer des comparaisons internationales (certains marchés étant plus avancés que d’autres) ? Quelles sont les spécificités françaises ?

17h15 – 17h30 : CONCLUSION

À partir de 17h30 : COCKTAIL

Nous espérons vous voir nombreux à notre conférence, qui promet de très belles surprises… 🚀

PARTICIPATION DE YOUNG AVOTECH AU PEYMPA 2019

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Young Avotech a eu l’opportunité d’être sélectionnée pour participer à la deuxième édition de la finale du Prix EY du Meilleur Projet Associatif des Facultés et Ecoles de Droit, co-organisé par EY Société d’Avocats et Assas Junior Conseil, qui s’est tenue le mardi 12 mars 2019 ! 🚀⚖️😀

Ce fût l’occasion pour Julie Serrier, notre Présidente, de présenter notre projet et nos principaux objectifs à savoir informer, fédérer et interpeller sur la transformation digitale du droit afin que les solutions innovantes offertes par la LegalTech soient pensées pour et dans l’intérêt du justiciable.

✅ Retrouvez toutes les photos officielles du prix ICI !


Quelques clichés souvenirs…

LEVÉE DE FONDS DE LA LEGALTECH « CALL A LAWYER »

La LegalTech Call A Lawyer, première application mobile de mise en relation instantanée avec des avocats et membre du réseau AvoTech, a tout récemment annoncé la clôture d’une première levée de fonds d’un montant de… 500 000 euros !

Cette impressionnante levée de fonds, également complétée par des subventions et financements publics, est destinée au développement commercial et marketing de la nouvelle offre professionnelle de Call A Lawyer pour les entrepreneurs, TPE/PME et les start-up, un marché qui représente aujourd’hui près de 4.000.000 entreprises en France.
Il est important de noter que Call A Lawyer est la première LegalTech française à réaliser une levée de fonds de cette envergure.

Quel est l’objet de Call a Lawyer ?

Call a Lawyer a été co-créée en 2016 par Mathieu Davy, Président d’AvoTech et fondateur d’ORIA MEDIA, cabinet d’avocats spécialisé en droit de la propriété intellectuelle et des nouvelles technologies. Elle a été la lauréate du prix de l’innovation 2018 de l’Incubateur du Barreau de Paris.

La LegalTech se présente comme une application mobile qui s’adresse tant aux particuliers qu’aux professionnels (désormais). L’objectif est de les mettre en relation dans la minute avec une communauté de plus de 500 avocats localisés partout en France. Dans le cadre d’une première consultation téléphonique gratuite de 20 minutes, le client peut ainsi bénéficier d’un conseil relatif à n’importe quelle spécialité juridique (droit des affaires, IP/IT, droit du travail, droit immobilier, droit public, droit fiscal, etc.).

Je peux avoir un avocat au téléphone en quelques minutes. Nous avons voulu créer un outil très simple et fonctionnel avec une offre unique, une consultation de 20 minutes au téléphone. C’est pour cette raison que nous avons créé une application mobile, pour passer du mobile du consommateur au mobile de l’avocat.

Mathieu Davy, CEO de « Call a Lawyer »

En proposant deux forfaits adaptés aux besoins du professionnels (« one call » à 9,90 euros par mois et « calls illimités » pour 69,90 euros par mois), Call A Lawyer permet donc aux jeunes entreprises d’avoir très rapidement, via un une application, des réponses juridiques adaptées à leurs besoins dans tous les domaines du droit, par des avocats avisés et référencés.

FORUM DES STAGES EFB EDITION 2019

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Cette semaine, les membres d’AvoTech et de Young Avotech (JulieSarahCamille, Caroline et Bénédicte) ont pu participer à l’édition 2019 du Forum des stages organisé par l’EFB – Ecole de Formation du Barreau pour répondre à toutes les questions de celles et ceux qui sont venu(e)s à notre rencontre.

Nous tenions à sincèrement remercier les élèves-avocat(e)s qui sont passé(e)s voir les représentants de Call a Lawyer (Mathieu Davy), Ipocamp (Barthélemy et Arnaud), Mesindemnités.com (AlexandraKristina et Astrid) et Votre Bien Dévoué (Charlotte et Julia), nos LegalTechs ultra motivées pour recruter des beaux profils en stage ! 👍


Découvrez nos LegalTechs !


LA TECH ET LE DROIT AU SERVICE DE L’ENTREPRISE

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Le lundi 21 janvier 2019, le Bureau des Juristes HEC (Pierre Geffrouais, Président) et Young Avotech (Julie Serrier, Présidente) ont convié un panel de professionnels et d’universitaires à partager leur expérience sur l’apport des nouvelles technologies à la pratique du droit. Chaque intervenant a engagé une nette transition vers une nouvelle manière d’exercer leur métier en utilisant les ressources numériques. Cette rencontre a été ainsi l’occasion de débattre avec des fondateurs de Legal Techs, des avocats et juristes d’entreprise avant-gardistes ainsi que d’autres professionnels du droit passionnés par cette transition numérique.

La rencontre était organisée sous la forme d’un dialogue entre les intervenants et les représentants du BDJ et de Young Avotech. Elle a été poursuivie d’une session de questions/réponses et d’un cocktail, dans les locaux d’HEC Alumni.

✅ Retour en images sur notre évènement : cliquez ici
✅ Retrouvez notre flyer promotionnel : cliquez ici

Intervenants

Mathieu Davy
Avocat associé Oria Media
Co-fondateur Call a Lawyer
Président AvoTech

L’avocat d’aujourd’hui doit pouvoir agir comme un authentique entrepreneur,

être porteur de projets et faire preuve de créativité.

Olivier Lopez
Avocat associé
Co-fondateur Squair

Le droit ne suffit plus pour l’avocat : il doit concevoir

des modèles économiques innovants et élaborer une stratégie digitale.

Arthur Sauzé
Avocat EY Société d’Avocats
Co-fondateur Abyl Avocats

La Tech, ce n’est pas du Low Cost : c’est de la prestation de qualité avec

davantage d’horizontalité avec le client.

Marie Potel-Saville
Fondatrice Dot. Legal Design France

Rendre le droit accessible, intelligible et engageant : telle est notre ambition.

Alexandre Menais
Secrétaire général ATOS France
Vice-Président Exécutif ATOS France

Il s’agit d’utiliser la technologie en plaçant l’Humain au coeur de la

révolution numérique.

Stéphane Baller
Avocat EY Société d’Avocats
Professeur associé d’économie Paris II Panthéon-Assas

Il faut utiliser la force de la méthodologie pour se concentrer sur la

valeur ajoutée du métier, grâce à l’immixtion du commerce dans le droit.

Enke Kebede
Directrice ERAGE (Ecole des Avocats du Grand Est)

L’objectif est de former de jeunes avocats pour aujourd’hui,

tout en anticipant les besoins de demain, et de sensibiliser aux

nouveaux outils et méthodes innovants.